Les pays du Golfe s’inquiètent désormais d’un nouveau scénario jugé crédible : l’Iran pourrait mettre au point des bombes nucléaires tactiques à partir de son uranium enrichi.
Lors d’une réunion commune, leurs services de renseignement ont évoqué cette menace. Ces engins, qui associent explosifs classiques et matières radioactives, ne produisent pas une explosion nucléaire traditionnelle, mais visent à diffuser des substances contaminantes, provoquant panique, dommages économiques et choc psychologique important.
Pour les États du Golfe, cette menace dépasse désormais celle des missiles balistiques utilisés dans cette guerre. Le risque d’un arsenal non conventionnel reste central, notamment si un accord de fin de guerre ne règle pas la question du programme nucléaire iranien.
La principale crainte est qu’un cessez-le-feu négocié par Donald Trump intervienne sans contrôle strict des stocks d’uranium enrichi, laissant à Téhéran une capacité de nuisance durable.
Cette position a été clairement exprimée par l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, qui a averti qu’arrêter les combats ne suffirait pas. Selon lui, tout accord doit impérativement traiter l’ensemble des menaces liées à l’Iran : programme nucléaire, missiles balistiques, drones, réseaux alliés et contrôle des routes maritimes internationales.
Les pays du Golfe, rejoints par la Jordanie, appellent désormais à la mise en place d’un cadre de sécurité renforcé après le conflit, afin d’éviter toute résurgence de la menace iranienne sur la région.
Dans ce contexte, les Émirats arabes unis ont justement indiqué aux États-Unis et à leurs alliés occidentaux qu’ils seraient disposés à prendre part à une force maritime multinationale visant à rouvrir le détroit d’Ormuz, a rapporté le Financial Times.
Environ 4 500 marins et Marines sont en cours de déploiement, accompagnés d’unités terrestres, d’hélicoptères, d’avions de combat F-35 et de moyens amphibies.
Alors que les ambitions initiales comme un changement de régime en Iran ou l’élimination définitive de la menace nucléaire semblent s’éloigner, la sécurisation du détroit d’Ormuz s’impose comme un objectif plus atteignable.
Et cela dépasse largement le cadre régional : le détroit d’Ormuz conditionne une part essentielle du commerce énergétique mondial. Pour les Émirats et leurs partenaires occidentaux, l’enjeu est double : stabiliser la région et empêcher l’Iran d’utiliser ce point de passage stratégique comme outil de pression dans la guerre en cours.